Sans défense

Transcript par Sandrine pour Buffy VS. Interdiction formelle de recopier.

PROLOGUE :
Le manoir d’Angel. Les lumières sont faibles. Il y a un feu dans la cheminée. Des bougies sont éparpillées dans toute la pièce. La caméra montre une couverture posée sur le sol recouverte des restes d’un dîner. Tout à coup, Buffy tombe dos à terre, violemment, devant la cheminée. Elle a la jambe droite ramenée sur sa poitrine. Angel se penche sur elle et place ses bras de chaque côté de Buffy. Il lui sourit. Elle utilise sa jambe pour le faire passer au dessus de sa tête, lui faisant effectuer une roulade avant. Il atterrit sur le dos. Buffy se relève et se retourne pour confronter Angel qui se met debout. Il hésite pendant un moment puis se jette sur elle avec un coup de poing qu’elle esquive facilement. Elle se retrouve derrière lui et Angel se retourne pour lui faire face. Il lance un coup de poing que Buffy bloque. Elle effectue alors un coup de pied rotatif qu’Angel esquive mais Buffy, grâce à son élan, continue son attaque en se baissant et frappe Angel d’un coup de pied rotatif dans les mollets, le faisant tomber à terre. Elle saisit alors une baguette posée sur la couverture et se rue sur Angel. Elle l’enjambe au niveau de la taille et lui met un coup de baguette à la poitrine.
BUFFY : Je t’ai eu !
ANGEL : (vaincu) En plein coeur.
BUFFY : (sourit) Satisfait ?
ANGEL : Je ne suis pas sûr que ce soit le mot.
BUFFY : (surprise et embarrassée) Oh. Oui.
Elle pose la baguette sur le côté, se lève et s’éloigne un peu d’Angel.
BUFFY : Je ne voulais pas dire 'satisfait' dans le sens...
Il prend la baguette et se lève aussi.
ANGEL : Non, j’essayais pas de...
BUFFY : (gênée) Parce qu’il n’est pas question de satisfaction au sens... intime du terme.
ANGEL : Bien sûr. (exhale)
BUFFY : (sourit) Bon, je dois y aller. (passe à côté de lui) Giles...
ANGEL : (se tourne vers elle) ...t’attend, oui. (Buffy se tourne vers lui) Je sais. Je sais.
BUFFY : (sourit) Merci. Pour l’entraînement.
ANGEL : Est-ce que je te vois ce weekend ? Tu, tu as certainement des projets.
BUFFY : Oui. Une fête d’anniversaire. C’est vrai oui. J’ai des trucs.
ANGEL : Ah, des trucs. (essaie d’être cool) Un rencard ?
BUFFY : (acquiesce) Joli. Tu as presque l’air indifférent. Tu as raison. Oui, j’ai un rencard. (s’approche de lui) Il est plus âgé que moi. Très séduisant. Il a des côtés très paternels.
ANGEL : (sourit) Ah, ton père. (fronce les sourcils) C’est ton père ?
Elle lui sourit de façon rassurante et acquiesce.
BUFFY : On va voir de la danse sur glace. (Angel soupire de soulagement) Ca va me changer les idées. Ce sera distrayant.
Plan de la bibliothèque. Buffy est assise à table tandis que Giles fait bouger un cristal rose devant elle. Elle a dans les mains un long et transparent cristal qu’elle n’arrête pas de tripoter. Sur la table sont posés de nombreux et divers types de pierre.
GILES : Celle-ci ?
BUFFY : Améthyste.
GILES : Utilisée pour ?
BUFFY : Purifier l’haleine ? (le regarde)
GILES : (exaspéré) Porte bonheur, retour de fortune, et purification de l’aura des gens.
BUFFY : D’accord, et comment on sait qu’une aura est impure ? Le bonhomme se balade avec au dessus de sa tête (fait le geste avec son cristal) 'lavez moi, je suis sale' ?
Giles pose son cristal, retire ses lunettes et prend appui sur la table, se penchant vers Buffy.
GILES : (sérieux) Buffy, je suis conscient de ton dégoût de l’étude de pierres vibratoires, mais elle fait partie de ton entraînement, donc j’apprécierai que tu m’évites ce genre de raisonnement par trop spécieux.
BUFFY : Désolée. C’est qu’avec Faith qui rôde et qu’on risque de voir débouler sans crier gare, je pense qu’on devrait patrouiller.
GILES : (regarde les cristaux) Oui. Faith n’est pas intéressée par l’entraînement à proprement parlé, donc je compte sur toi pour continuer le tien.
BUFFY : J’aime pas jouer les bonnes élèves.
GILES : En ce qui concerne la patrouille, eh bien tu, tu la feras en temps voulu. (tout à coup curieux) Pourquoi es-tu si anxieuse ?
BUFFY : Je crois que... (consciente qu’elle joue avec le cristal, le repose) je crois que je dois avoir un trop plein... d’énergie à brûler.
GILES : Chaque chose en son temps. (remet ses lunettes) Mais pour le moment, (prend le cristal bleu le plus large) et sans vouloir trop te bousculer, (le place devant Buffy) essaie de te concentrer.
Buffy soupire et observe le cristal.
Plan d’un terrain de jeu, plus tard dans la nuit. Un vampire est projeté le long d’un toboggan. Il glisse dessus en effectuant une roulade avant et s’effondre sur le sol. Buffy court derrière lui et s’arrête devant le vampire.
BUFFY : Wow, c’est rigolo ton truc ! (sourit) On se le refait ?
VAMPIRE : Je te tuerai pour ça. (se met debout)
BUFFY : Pour ça ? Alors pour quoi tu voulais me tuer avant ?
La vampire tente de lui mettre un coup de poing mais elle l’esquive et se place derrière lui. Il se retourne juste au moment où elle effectue un coup de pied rotatif et l’atteint à l’épaule. Il lance un autre coup de poing mais elle l’esquive et en profite pour le frapper d’un puissant coup de poing dans le ventre. Elle se redresse et le frappe au visage d’un coup de revers de la main. Elle le repousse et lui met un coup de pied rotatif à la figure, le projetant sur le carrousel. Elle le rejoint tandis que le vampire reste allongé sur le carrousel.
BUFFY : Alors, qu’on en finisse. (lève le pieu)
Tout à coup, elle est prise de vertige. Elle ferme les yeux et recule de quelques pas. Le vampire en profite pour se ruer sur elle. Il l’attrape par la veste et la jette puissamment sur une table de pique-nique. Elle roule dessus et s’effondre sur le sol. Le vampire se précipite sur elle et l’enjambe. Buffy, effrayée, tourne la tête sur le côté. Il saisit son poignet droit d’une main et de l’autre main, il saisit sa main et commence à la tordre. Buffy crie de douleur. Son pieu est à présent pointé sur sa poitrine, et le vampire appuie sur la main de Buffy de toutes ses forces.
VAMPIRE : Et surtout dis moi que je m’y prends mal.
Les yeux de Buffy sont remplis de terreur tandis qu’elle résiste désespérément.

GENERIQUE

ACTE 1
Le terrain de jeu. Le vampire qui lutte contre Buffy appuie sur le pieu, le rapprochant de plus en plus de la poitrine de Buffy. Elle fait tout ce qu’elle peut pour le garder à distance mais n’est pas de force à résister. En signe de désespoir, Buffy met un énorme coup de tête au vampire. Il est légèrement assommé mais reste sur elle. Buffy le repousse en lui mettant un coup de poing. Le vampire tombe à côté de Buffy. Buffy rampe pour reprendre son pieu et se retourne pour se retrouver dos à terre tout en tenant le pieu contre sa poitrine, la pointe dirigée en hauteur. Le vampire se relève et plonge sur Buffy. Il atterrit sur le pieu et explose en cendres. Buffy attend un moment avant de se redresser et de s’asseoir. Elle se frotte pour retirer un peu de cendres de ses habits, respire pour reprendre son souffle et se lève.
Plan du lycée de Sunnydale, le lendemain matin. Plan de la bibliothèque. Buffy se tient debout près de la table et se concentre sur une cible qu’elle a placé sur la rambarde du niveau supérieur. Elle lève un couteau et le lance. Il tournoie en l’air mais ne se plante pas dans la cible. Au contraire, il atterrit sur le sol. Giles entre dans la bibliothèque avec un attaché-case et une tasse de café dans les mains. Il se dirige vers son bureau.
GILES : Tu viens tôt, dis moi. (boit du café)
BUFFY : Giles, je ne vais pas bien.
GILES : (s’arrête) Ah oui ?
Il voit la cible avec quelques couteaux plantés au hasard dessus, loin du centre.
GILES : Ah. Peut être que tu devrais... (Buffy lance un couteau et rate la cible) ...te reposer. (pose son attaché-case)
BUFFY : Et en plus de ça, je me suis sentie mal hier soir. Et un vampire a failli me planter avec mon propre pieu. J’arrivais plus à réagir !
Giles boit une autre gorgée de café alors que Buffy jette un autre couteau. Il ne touche pas la cible.
BUFFY : Je ne sais pas ce qui a pu changer en moi. (Giles boit du café) Toutes mes forces se sont enfuies. Je suis aussi faible qu’un bébé. Giles, qu’est ce qui se passe ?
GILES : (s’assoit) Eh bien, peut être que tu couves une mauvaise grippe, je ne sais pas.
BUFFY : Non. Non, je ne suis pas malade et je ne serai pas malade. Avec mon père, on sort tous les deux. On va voir de la danse sur glace pour mon anniversaire. Si j’annule, ça lui brisera le coeur.
GILES : Bon, écoute, euh, reste tranquille quarante huit heures. Et puis, oublie les patrouilles jusqu’à ce que tu te sentes bien.
Il se lève et se dirige vers son attaché-case. Buffy prend d’autres couteaux.
BUFFY : Non. Non, j’ai besoin de plus m’entraîner.
Elle en lance un. Cette fois, il atterrit très loin de la cible et brise une lampe. Giles ne regarde pas mais entend le bruit du verre se briser.
BUFFY : Je m’en vais ! (tourne et part)
GILES : Merci !
Il se rend dans son bureau sans regarder les dommages.
Plan de l’extérieur. Oz, Alex, Willow et Buffy mangent, assis à une table.
ALEX : De la danse sur glace ? Un spectacle de patinage ? Et il sait quel âge tu as ?
WILLOW : J’ai vu Snoopy sur glace quand j’avais six ans. Mon père m’avait emmenée en coulisses. J’ai été si effrayée que j’ai vomi sur Woodstock.
BUFFY : Oui, je sais que vous pensez que c’est un truc bébète pour les filles, mais non. Beaucoup de ces patineurs ont remporté des médailles. Et chaque année mon père m’offre une glace à la vanille et puis en souvenir un programme avec dedans pleins de photos, et oui, d’accord, c’est bébète et c’est pour les filles, mais, j’adore ça.
OZ : C’est pas que pour les filles. La glace c’est cool ! C’est de l’eau, mais c’est unisexe.
WILLOW : Je trouve très mignon que toi et ton père vous ayez une tradition. Surtout maintenant qu’il vit dans une autre ville. Vas-y molo sur le caramel avec les popcorn s’il t’emmène en coulisses.
Buffy acquiesce.
ALEX : Hey, si on parlait un peu de cette fête. Je pense qu’on est nombreux à vouloir célébrer l’anniversaire de la grande Buffy.
BUFFY : Ca j’en sais rien. Je pense qu’il serait peut être temps de mettre un oratoire sur les fêtes en mon honneur. Oui, à chaque fois ça a mal tourné. Monstres sanglants. Morts par dizaines.
WILLOW : Dix-huit ans ? C’est, c’est une étape Buffy. Je veux dire, tu vas voter maintenant. Et tu pourras être élue. (sourit) Tu pourras voter pour ne pas être élue aussi.
BUFFY : Je crois que je célébrerai mes dix-huit ans dans la méditation.
ALEX : Et c’est écrit où que la méditation est incompatible avec des gâteaux et des confettis ?
Plan de la cuisine de Buffy. Un grand bouquet de fleurs est posé sur la table, ainsi que des ballons et une carte. Les tickets pour le spectacle sur glace sont attachés à la carte. Joyce prépare le dîner. Elle entend la porte d’entrée se refermer.
JOYCE : Buffy ?
BUFFY : Présente.
Elle entre dans la cuisine, voit les fleurs et sourit.
BUFFY : Ooo, présente !
JOYCE : Oh, ce n’est pas de moi. Ca vient de ton père.
Buffy prend la carte et les billets et les regarde. Elle semble déçue.
JOYCE : Il, il est en plein bilan trimestriel et il ne peut pas s’absenter en ce moment. Il promet de se rattraper très bientôt et il te dit tout dans sa lettre.
Buffy plie les billets et la carte sans même l’ouvrir.
JOYCE : Si tu veux, je peux demander à quelqu’un de me remplacer à la galerie. Enfin, je peux, o-on peut y aller toutes les deux.
BUFFY : Non. Non, c’est pas nécessaire. Je m'étais dit justement que j’avais envie d’un anniversaire tranquille.
Plan d’une pension abandonnée. Une inscription à l’extérieur dit "Sunnydale Arms, Rooms for Let, Breakfast Included, Inquire Within." Plan de l’intérieur. Le lieu est sombre et ancien. Quelques lampes sur les murs sont allumées et il y a un feu dans la cheminée. Il est toutefois évident que personne n’a vécu dans ce lieu depuis des années. Les meubles sont abîmés et les livres sur les étagères sont mal rangés. Un homme est en train de daller la fenêtre. Quentin Travers, un membre du Conseil des Observateurs, observe ce qu’il fait. Il se retourne quand un autre homme descend les escaliers.
QUENTIN : Combien de temps encore, Hobson ?
HOBSON : Cinq, peut être six heures, monsieur.
Ils pénètrent dans la pièce suivante.
QUENTIN : Lorsque vous aurez fini, toi et Blair vous pourrez vous reposer. Vous dormirez à tour de rôle.
Lui et Hobson s’arrêtent et regardent l’autre bout de la pièce. Il y a une grande caisse en bois verrouillée par un énorme cadenas.
QUENTIN : Nous sommes très proches. La préparation de la Tueuse est presque achevée.
Plan de la bibliothèque. Giles sort de nouveau les cristaux d’une boite et les pose sur la table. Buffy s’assoit et le regarde.
BUFFY : Vous savez, il n’y a pas que des personnages de dessins animés. Il y a aussi des extraits d’opéra et de ballets. Voir Brian Boitano jouer Carmen, ça vous change une vie. Oh, en fait il ne joue pas Carmen, mais il y a des gens très sophistiquées et très cultivées qui y vont.
GILES : (distrait) Oui, je pense que nous devrions reprendre à nouveau le cristal.
Il pose le large cristal bleu sur la table devant Buffy.
BUFFY : C’est vrai que le plus souvent on y va en famille voir ce genre de chose.
Il met la boite sur le côté.
GILES : Regarde très attentivement s’il n’y aurait pas une faille dedans.
BUFFY : Quelqu’un de libre irait sans doute avec... sa fille ou son... son élève... ou sa Tueuse. (le regarde, espérant qu’il accepte)
GILES : Oui, mais, nous devons nous concentrer maintenant. Cherche la faille au centre du cristal.
Il s’appuie mains sur la table. Buffy commence à se concentrer sur le cristal. En son centre, il y a une sorte de petite fêlure qui est de couleur plus claire que le cristal. Des carillons se font entendre faiblement tandis que Buffy entre en transe. Giles se penche vers elle pour observer son visage.
GILES : Buffy ?
Satisfait de voir qu’elle est hypnotisée, Giles prend un petit étui de son attaché case, le pose sur la table et l’ouvre. A l’intérieur se trouve une seringue hypodermique, un tube à essai rempli d’un liquide jaune et une gaze imprégnée d’alcool. Tout en observant Buffy, Giles prend la gaze et se penche vers elle. Il prend son bras, relève sa manche et tamponne l’intérieur de son coude avec la gaze. Il prend ensuite la seringue et la remplit avec le liquide jaune. Il vérifie encore que Buffy soit bien hypnotisée, prend son bras et plante la seringue. Il appuie lentement sur le piston tout en s’assurant que Buffy ne sorte pas de sa transe. Il retire la seringue de son bras. Buffy ne bouge toujours pas. Il range tout le matériel. Buffy reste toujours sous l’emprise du cristal. Giles s’assoit sur la table, essayant de rester naturel, et bouge la main entre Buffy et le cristal. Elle sort alors de sa transe et le regarde.
BUFFY : Oh, pardon. (se masse les tempes) J’étais dans la lune. Je suis bizarre. Je couve encore cette grippe.
GILES : Tu devais aller soigner ça. Peut être devrions nous...
BUFFY : ...arrêter ? Oui, (exhale) vous avez raison. Merci.
Elle se lève difficilement et gémit tout en sortant de la bibliothèque. Giles sourit.
GILES : Bonne nuit.

ACTE 2
La cour du lycée de Sunnydale, le lendemain matin. Buffy et Willow descendent les escaliers.
BUFFY : Comment ça va avec Amy le rat ?
WILLOW : (excitée) Bien ! Elle s’éclate dans une nouvelle roue. Elle court, elle remue son petit nez...
BUFFY : (l’interrompt) Non, je veux dire, y a-t-il une chance pour qu’elle retrouve bientôt une apparence humaine ?
WILLOW : Oh. On y travaille encore. Oh, mais je viens de lui acheter une ravissante petite clochette. Elle est...
Elles entendent un garçon lever la voix et tournent la tête. Il parle à Cordelia.
GARCON : (en colère) Et moi on ne me fait pas ce genre de truc ! Je t’ai attendue au Bronze toute la nuit !
CORDELIA : Oui, bon, et alors ?
GARCON : Et moi je suis passé pour quoi aux yeux de mes potes ? Pour un imbécile ?
Il lui saisit un bras. Cordelia, énervée, repousse son bras.
CORDELIA : Premièrement, tous tes potes ? C’est une bande de crétins ! Deuxièmement, n’importe qui ayant une cuillerée de cervelle sait qu’il ne faut pas prendre mes flirts au sérieux. Et en plus je te signale que j’ai des circonstances atténuantes.
GARCON : (confus) Quelles circonstances ?
CORDELIA : T’es qu’une pauvre nouille ! Réfléchis un peu !
Elle essaie de partir mais il l’attrape par les deux épaules et la plaque contre un arbre.
GARCON : Hey ! J’ai pas fini !
Buffy réagit immédiatement et saisit le garçon par un bras.
BUFFY : Oh, je parie le contraire.
Elle essaie de repousser le bras du garçon mais il se trouve qu’elle n’a aucune force. Il la pousse violemment. Buffy tombe en arrière, s’effondre sur un banc et roule sur le sol. Cordelia est en colère et repousse le garçon.
CORDELIA : Qu’est-ce que t’as ? Tu deviens fou ?
GARCON : Aïe.
Elle commence à la frapper sur la poitrine. Il recule mais Cordelia continue de lui mettre des coups de poing.
GARCON : C’est sa faute. C’est elle qui... (Cordelia le frappe encore) Ah !
Willow s’agenouille près de Buffy pour l’aider à la relever.
WILLOW : (très inquiète) Ca va ?
Buffy s’assoit lentement, très confuse.
Plan des couloirs. Giles se dirige vers la bibliothèque, un tas de magazines dans les bras. Buffy le rattrape.
BUFFY : Giles, je viens d’être battue par un nul et, et secourue par Cordelia. Je voudrais savoir ce qui m’arrive.
GILES : Je suis sûr que ça va s’arranger.
BUFFY : (désespérée de savoir) Oh, je crois que vous n’avez pas pigé la situation. J-je n’ai plus aucune force. Je n’ai plus de coordination. Et je lance les couteaux comme...
GILES : (calmement) Une fille ?
BUFFY : (confuse de sa réaction) En tout cas plus comme une Tueuse.
GILES : Hmm, écoute, Buffy, je, je t’assure que... avec le temps je pense que nous comprendrons sans doute les raisons de cette... anomalie.
BUFFY : Promettez le moi.
GILES : Oui. Oui, tu as ma parole.
Il marche dans le couloir pour se rendre à la bibliothèque.
QUENTIN : Tu as des doutes ?
Plan de l’intérieur de la pension. Lui et Giles boivent du thé.
QUENTIN : Le Cruciamentum n’est pas facile... ni pour la Tueuse ni pour l’Observateur. Mais c’est un rite immuable depuis une douzaine de siècles. Lorsqu’une Tueuse atteint dix-huit ans, il est temps pour elle de passer l’épreuve.
GILES : C’est un exercice archaïque et cruel. La cloîtrer dans cette... tombe... fragile et sans défense. (regarde la caisse derrière lui) Et de lâcher ça sur elle.
Il jette un oeil sur la caisse à l’autre bout de la pièce pendant un long moment avant de se retourner vers Quentin.
GILES : Si un des membres du Conseil était encore en contact avec une Tueuse, il comprendrait, mais je suis le seul en activité.
QUENTIN : C’est pourquoi vous n’êtes pas qualifié pour prendre cette décision.
GILES : C’est faux.
QUENTIN : Etre une Tueuse n’est pas seulement faire des prouesses physiques. Elle doit avoir de la ruse, de l’imagination, une assurance émanant d’une grande confiance en soi. Et croyez moi lorsque tout ceci sera fini, Buffy n’en sera que plus forte.
GILES : Oui, à moins qu’elle n’en meurt.
Plan de la pension, plus tard. Hobson bricole une porte. Il s’arrête un instant lorsque Quentin et Giles s’approchent et les laisse passer.
QUENTIN : Rupert, si cette fille est tout ce que vous dites, vous n’avez rien à craindre.
Giles n’est pas certain. Il met ses lunettes et part sans ajouter un mot.
HOBSON : (à Quentin) Monsieur, si vous pouviez vous passer de moi un moment, je voudrai aller à la quincaillerie acheter quelques...
Il est interrompu par des hurlements provenant de l’intérieur de la caisse. Blair l’entend aussi et entre dans l’autre pièce.
QUENTIN : Occupez vous de lui.
Les deux hommes s’approchent de la caisse à contrecoeur. Quentin les suit. Quoi qu’il y ait à l’intérieur, les hurlements se prolongent. Plan de l’intérieur de la caisse. Blair retire le cadenas. Il ouvre le couvercle. A l’intérieur se trouve un vampire en colère, mis dans une camisole de force, et attaché au fond de la caisse à l’aide de lien de métal qui passent sur son front. Les deux hommes observent le vampire nerveusement.
QUENTIN : (impatient) Du calme. Du calme.
Blair se dirige vers une table et sort des pilules d’un flacon. Il les place dans une cuillère accrochée au bout d’un long bâton. Hobson se tient derrière lui avec un verre d’eau lui aussi accroché au bout d’un bâton. Blair tend la cuillère vers la bouche du vampire.
BLAIR : Kralik, tes cachets. Ouvre la bouche.
Le vampire ouvre la bouche et Blair lui donne la pilule, puis retire rapidement la cuillère. Hobson s’avance avec le verre et le tend pour que Kralik puisse boire. Un peu d’eau coule sur le menton du vampire.
QUENTIN : Referme la porte. Ca suffit.
Hobson recule, et Blair ferme le couvercle de la caisse.
Plan de la bibliothèque. Le gang fait des recherches sur la table, essayant de comprendre ce qui arrive à Buffy.
WILLOW : Aha ! Un sort sur les Tueuses.
Buffy lève les yeux. Willow lit encore.
WILLOW : Ah, non. Attends. C’est sur les voleuses.
ALEX : Vous savez, c’est peut être pas une bonne piste tous ces trucs de sortilèges, et de malédiction. Peut être que ce qu’on devrait chercher c’est une sorte de... kryptonite de la Tueuse.
OZ : Curieuse métaphore. La kryptonite tue.
ALEX : Tu penses que je parlais de la kryptonite verte. Je faisais référence, bien sûr, à la kryptonite rouge qui enlève à Superman tous ses pouvoirs.
OZ : (pense) Faux. Il n’y a que la kryptonite dorée qui annule tous ses pouvoirs. La kryptonite rouge le change en espèce de truc bizarre...
BUFFY : (sur un ton d’impatience)Si on revenait à la réalité ?
Elle lâche le livre sur la table, se lève et se dirige vers les escaliers. Willow se met debout et la suit.
WILLOW : Buffy. (elles s’arrêtent) Je sais, je suis persuadée que tu vas très vite retrouver tous tes pouvoirs.
BUFFY : Merci, Willow. (commence à monter les marches)
WILLOW : Et si tu ne les retrouves pas ?
BUFFY : (s’arrête) Oh, bah... (soupire) eh bien si mes pouvoirs ne revenaient pas, j’en sais rien. Je, je m’y ferai. (réfléchit) Il faut voir le positif de tout ça.
WILLOW : Oui, en fait, ça ouvre plein de possibilités et...
Giles entre dans la bibliothèque. Buffy se précipite sur lui.
BUFFY : Vous avez trouvé ?
GILES : (sur un ton d’excuse) Euh, non. Pas encore.
Plan de la pension. Hobson entre dans la pièce où lui et Blair ont mis leurs lits de camp. Il s’assoit sur le sien au moment où Kralik commence à se débattre et à hurler dans la caisse. Blair se réveille et s’assoit.
HOBSON : C’est ton tour.
Blair se lève et va faire son travail, fermant la porte de la chambre derrière lui alors que Hobson s’allonge pour se reposer.
Plan de la caisse. Blair l’ouvre. Kralik est toujours attaché à l’intérieur.
KRALIK : Mes cachets !
BLAIR : (nerveusement) Oui.
Il jette un oeil sur le verre et constate qu’il est vide. Il le prend et se rend dans la cuisine. Kralik prend une profonde respiration et se débat pour se libérer de sa camisole, hurlant très fort. La couture à son épaule droite se déchire. Dans la cuisine, Blair remplit le verre et jette un oeil derrière lui.
BLAIR : Oui, voilà. Ca vient !
Il éteint le robinet et retourne vers Kralik. Le vampire lève son épaule pour cacher la couture déchirée.
KRALIK : Cachets !
Blair pose l’eau, prend deux pilules et les place dans la cuillère. Il tend les pilules vers la bouche de Kralik tandis que le vampire crie toujours, fermant les yeux et haletant de douleur.
BLAIR : Allez, prends les.
KRALIK : Cachets !
BLAIR : Ils sont juste devant toi.
KRALIK : (renifle) Où ça ? (renifle)
BLAIR : Là !
KRALIK : Je ne vois rien... je ne... (tire la langue) Approche.
Blair se approche de lui.
BLAIR : Là, ouvre les yeux.
Kralik tend subitement le bras, attrape le cou de Blair et le soulève du sol, l’étranglant.
KRALIK : Shh. Ca y est. C’est fini.
Plan du manoir d’Angel. Il y a un feu dans la cheminée. La caméra recule pour montrer Buffy et Angel assis par terre, devant la cheminée. Buffy ouvre un paquet cadeau et trouve un livre à l’intérieur. Elle le feuillette. C’est un exemplaire de "Sonnets from the Portuguese", poèmes d’amour classiques de Elizabeth Barrett Browning écrit pour son époux, Robert Browning. Sur la page où figure le titre, Angel a écrit "Always".
BUFFY : (doucement) Merci. C’est magnifique.
ANGEL : Ca te plaît ?
BUFFY : Oui, bien sûr. Et puis c’est gentil et respectueux... et plein de mots anciens à apprendre et à dire, c’est poétique et instructif.
ANGEL : Tu semblais plus excitée l’an dernier quand tu as reçu un bras dans une boite.
BUFFY : Je suis désolée. Mais tout à coup il y a des chances que ma carrière de Tueuse soit compromise. Alors je suis un peu déboussolée.
ANGEL : Oui, je peux comprendre.
BUFFY : Angel, qu’est-ce que je ferai si je perds mes pouvoirs ?
ANGEL : Tu as vécu longtemps sans. Tu le feras à nouveau.
BUFFY : Sans doute. Mais si je n’y arrivai pas ? J’ai vu tant de choses horribles. Je sais ce qui se murmure dans la nuit. Si je ne peux plus combattre... je ferai quoi ? J’irai me planquer sous mon lit, mourant de peur, sans défense ? Je serai pitoyable. Et pourquoi pas dans une maison de retraite pour Tueuse où je passerai mon temps à raconter à tout le monde mes heures de gloire, en montrant Mr. Pointu que j’aurai fait couler dans le bronze.
ANGEL : Buffy, tu ne pourras jamais être pitoyable ou sans défense même si tu le voulais.
Buffy lève les yeux au ciel et se met debout.
BUFFY : N’en sois pas si sûr.
Elle se dirige vers une table.
BUFFY : Avant que je sois une Tueuse, j’étais... (s’appuie dos à la table) Eh bah je, je ne voudrais pas dire superficielle, mais... Disons qu’une certaine personne, dont je ne dirai pas le nom --tiens, appelons la Spordelia-- aurait eu l’air d’un philosophe grec à côté de moi. Angel, si je ne suis plus une Tueuse, qu’est ce que je vais faire ? Qu’est-ce que j’ai à offrir ? Pourquoi est-ce que tu m’aimerais ?
ANGEL : (doucement) Je t’avais déjà vue avant que tu ne deviennes la Tueuse.
BUFFY : (confuse) Quoi ?
ANGEL : Je te surveillais. J’ai été témoin de ton appel. C’était un après-midi ensoleillé devant ton école. Tu descendais les escaliers... et... je t’ai aimée.
BUFFY : Pourquoi ?
ANGEL : Parce que je voyais ton coeur. (se lève) Tu le portais devant toi pour que tout le monde le voit. (s’approche d’elle) Et j’ai eu peur qu’il soit brisé ou déchiré. Et j’ai voulu plus que tout dans ma vie le protéger du mal. Le réchauffer contre le mien.
Buffy le regarde dans les yeux pendant un long moment, puis se penche contre lui et ils s’étreignent.
BUFFY : C’est si beau Angel. Ou au sens littéral, si affreusement beau.
ANGEL : (grimace) Oui, c’est vrai.
Plan de la pension. Bien que Kralik ait libéré l’un de ses bras, il est toujours attaché au fond de la caisse et emprisonné dans sa camisole. Blair est allongé par terre et va bientôt devenir un vampire. Kralik fredonne et se lèche les doigts, attendant que son nouvel ami se réveille. Il regarde le visage de Blair se vampiriser. Blair s’étire, tourne la tête pour voir d’où viennent les fredonnements et se met debout.
KRALIK : Ah, tu te réveilles. J’ai eu peur de t’avoir un peu trop saigné. Parfois je perds le contrôle.
Blair grogne mais sait ce qu’il a à faire. Il regarde tout autour de lui pour trouver la hache qui doit se trouver dans la pièce.
KRALIK : Tu n’as jamais eu une rengaine qui te trotte dans la tête ? Tu l’entends encore et encore et tu ne peux pas t’en défaire ? Ca me rend dingue.
Blair s’approche de la caisse, la hache dans la main, et envoie un puissant coup sur le lien qui empêche Kralik de se libérer. Le lien tombe par terre et Kralik sort de la caisse.
KRALIK : Ahh. Merci.
Il grogne en arrachant la camisole et la laisse tomber sur le sol.
KRALIK : Ohh. C’est... beaucoup mieux.
Il se dirige vers la table où se trouvent ses pilules et en met plusieurs dans sa bouche, puis prend le verre d’eau et rejoint Blair.
KRALIK : Mmm.
Il prend une gorgée d’eau.
KRALIK : C’est un jeu, tu sais. On ne va pas jouer selon les règles, mais... on va quand même bien s’amuser.
Il sourit et finit son eau.
KRALIK : Tiens. (indique la pièce où se trouve Hobson) Va donc chercher ton ami. On discutera pendant le dîner.

ACTE 3
La pension, plus tard dans la nuit. Giles ouvre la porte et jette un oeil dans la demeure. Tout semble calme.
GILES : Quentin ?
Il entre et ferme la porte, mais reste sur ses gardes. Il pénètre dans la salle de repos. Rien ne semble avoir changé. Il en sort et marche dans le couloir, puis jette un oeil en haut des escaliers. Tout semble tranquille. Il monte quelques marches.
GILES : Y a quelqu’un ? Quentin ? Hobs...
Il remarque que la rampe d’escaliers est moite et regarde sa main. Elle est recouverte de sang frais. Du palier, il jette un oeil dans une autre pièce et voit la caisse qui est fermée. Il descend les escaliers rapidement à la recherche d’une arme. Il prend un des barreaux de la rampe et l’arrache. Il se dirige droit sur la caisse avec l’intention de désintégrer ce qui se trouve à l’intérieur mais la trouve vide. Alarmé, il regarde tout autour de lui et baisse le regard sur le sol. Il y voit une trace de sang qui mène à la cuisine. Il la suit, prêt à planter le barreau au moindre trouble. Il saisit la poignée de la porte et l'ouvre, mais la pièce est vide. Il cherche l’interrupteur d’un côté, puis de l’autre, et allume la lumière. Il voit alors ce qui reste de Hobson sur la table. La caméra ne montre que son bras mais le meurtre de l’homme a du être horrible car Giles lâche immédiatement son arme et sort de la cuisine, une main sur sa bouche pour se retenir de vomir. Rapidement, il retrouve son sang froid et sort de la maison.
Plan des rues. Buffy rentre chez elle, les bras croisés et en tenant son livre fermement contre elle. Elle regarde une voiture passer et traverse la rue. De l’autre côté, elle passe devant deux types qui traînent à côté d’une voiture. Ils la voient et la matent.
HOMME 1 : (à l’autre) Mignonne !
HOMME 2 : Canon.
HOMME 1 : Attends, laisse moi faire. (à Buffy) Hey, fillette. (Buffy s’arrête) Combien tu prends pour une danse avec moi et mon pote ?
Ils rient. Buffy commence à se retourner vers eux mais se dit qu’elle devrait éviter de les confronter dans son état de faiblesse. Elle continue sa route. Les hommes ne la suivent pas.
HOMME 2 : (à l’autre) Elle fiche le camps. Elle a la trouille.
BUFFY : (ironique, à elle même) Me ramener à la maison, Angel. Non, ça va aller. Je sais me défendre.
Elle tourne pour s’engager dans une autre rue et entend des fredonnements mais ne voit personne. Elle s’arrête et regarde derrière mais personne ne semble être là.
BUFFY : Non, c’est pas vrai. Ils savent pas chanter ces crétins. Trop soûles pour se souvenir des paroles.
Elle reprend sa marche tout en se retournant et heurte Kralik. Il lui agrippe les épaules tandis qu’elle recule.
KRALIK : Je ne suis pas soûle mais ma pauvre tête à quelques ratés parfois.
BUFFY : Laissez moi partir.
Elle essaie de reculer mais il la retient une nouvelle fois contre lui.
KRALIK : (plaisante) Tu n’as pas dit ‘s’il te plaît’
Elle commence à sérieusement se débattre et à crier à l’aide.
BUFFY : AIDEZ MOI ! AU SECOURS ! AIDEZ MOI !
Elle parvient à libérer son bras droit, et à le retirer de la manche de son manteau. Son bras gauche glisse de la manche tandis qu’elle se met à courir. Blair apparaît devant elle en grognant et lui coupe le chemin. Elle crie de peur, se retourne et court de l’autre côté, évitant Kralik qui n’essaie pas de la poursuivre, trop occuper à sentir le parfum de Buffy sur son manteau. Blair, cependant, la pourchasse.
BUFFY : NON ! LAISSEZ MOI ! LAISSEZ MOI ! PITIE !
Plan d’une allée derrière plusieurs maisons. Buffy court.
BUFFY : AIDEZ MOI ! PITIE ! AIDEZ MOI !
Au bout de l’allée, elle est bloquée par une clôture. Elle essaie de la grimper mais n’en a pas la force. Elle vérifie derrière elle et voit Blair venir. Elle regarde par terre et constate que la clôture a été cisaillée à sa base. Elle se baisse et commence à passer dans le trou. Blair la rattrape et saisit sa jambe. Elle résiste et parvient à traverser le trou tandis que Blair perd équilibre et la lâche. Buffy recommence à courir. Blair se baisse et commence à se faufiler dans le trou de la clôture. Buffy se précipite sur la rue et essaie de stopper une voiture.
BUFFY : STOP ! S’IL VOUS PLAIT ! AIDEZ MOI !
Le chauffeur klaxonne et s’écarte pour éviter Buffy et continuer sa route.
BUFFY : ARRETEZ, S’IL VOUS PLAIT !
Buffy tourne la tête vers Blair qui n’a pas réussi à passer à travers le trou. Elle le voit en fait grimper la clôture. Une autre voiture klaxonne et fait crisser ses pneus. Une troisième voiture arrive d’une autre direction. Buffy croit la reconnaître. Giles ouvre alors la porte-passager.
GILES : Monte !
Elle monte dans la voiture et Giles démarre au moment où Blair les rattrape. Blair saisit la porte et entre ses pieds à l’intérieur du véhicule. Buffy le frappe plusieurs fois de suite, obligeant Blair à lâcher prise. Il tombe par terre et effectue plusieurs roulades avant de s’arrêter, face contre terre. Près de la clôture, Kralik marche sur la rue et observe la voiture s’éloigner.
Plan de la bibliothèque. Buffy est assise à table. Elle a une couverture sur les épaules.
BUFFY : Quand je l’ai frappé, j’ai eu l’impression d’avoir le bras cassé, ça faisait si mal. Je ne peux être une fille normale. Je, je peux pas être faible et sans défense. Je vous en prie, il faut trouver ce qui m’arrive.
Giles ouvre son attaché-case et en sort l’étui avec la seringue. Il l’ouvre, pousse un soupir et le pose devant elle.
GILES : (d’une voix tremblante) C’est un composé organique... de myorelaxant et, et de métabiocant. . Les effets sont temporaires. Ils disparaîtront dans quelques jours.
Buffy n’arrive pas à y croire. Elle tend la main et touche le tube rempli de liquide du bout des doigts.
BUFFY : Vous ?
GILES : (tremble) C’est un test, Buffy. (retire ses lunettes) Ceci est administré à la Tueuse lorsqu’elle... si elle atteint sa dix-huitième année. (avale difficilement) La Tueuse, ainsi privée de ses pouvoirs, est enfermée avec un vampire qu’elle doit vaincre afin de réussir le test. (fait les cent pas) Le vampire que tu devais affronter... s’est échappé. (s’arrête devant la porte de son bureau, dos à Buffy) Son nom est Zackary Kralik. Quand il était mortel, il a assassiné et torturé plus d’une douzaine de femmes avant d’être enfermé dans un asile d’aliénés pour criminels. Ensuite un vampire l’a...
Buffy se lève et jette l’étui sur lui mais le rate. L’étui s’écrase contre le mur à côté de Giles.
BUFFY : (sanglote, en colère) Vous êtes monstrueux. Vous saviez pendant tout ce temps et vous m’avez empoisonnée. Vous saviez ce qui m’arrivait et vous m’avez rien dit !
GILES : (se tourne vers elle) Je le voulais.
BUFFY : (sanglote) Menteur.
GILES : En matière de tradition et de protocole, je dépends de la volonté du Conseil.
Buffy met ses mains des ses cheveux, n’arrivant pas à croire qu’il l’ait trahie.
GILES : Mon rôle dans tout ceci... était très spécifique. Je devais t’administrer les injections et te conduire jusqu’à ce vieil immeuble sur Prescott Lane.
BUFFY : (pleure et secoue la tête) Arrêtez ! Arrêtez, je refuse d’entendre ça.
GILES : Buffy, je t’en prie.
BUFFY : (le regarde dans les yeux) Qui êtes vous ? (baisse les mains) Comment avez-vous pu me faire ça à moi ?
GILES : Je suis profondément désolé. (tend la main vers elle) Tu dois comprendre...
Elle recule et lui fait signe de ne pas s’approcher d’elle.
BUFFY : (pleine de haine) Si vous me touchez, je vous tue.
Giles baisse la main.
GILES : (implore) Tu dois m’écouter. A cause de ce que je viens de te dire, le test est invalidé. Tu n’auras plus rien à craindre, je te le promets. Peu importe ce que j’aurais à faire pour vaincre Kralik... et pour regagner ta confiance...
BUFFY : (l’interrompt, pleure) Vous m’avez trompée ! Empoisonnée et trompée !
Derrière eux, Cordelia entre dans la bibliothèque.
CORDELIA : Qu’est-ce qui vous arrive ?
Elle voit le visage triste de Buffy ainsi que ses yeux remplis de larmes.
CORDELIA : Oh, mon dieu. Le monde s’écroule ? J’ai des recherches à faire, j’ai un devoir sur la Bosnie pour demain, mais si le monde s’effondre, je ne vais pas me donner cette peine.
Buffy commence à se diriger vers la sortie de la bibliothèque.
GILES : (désespérément) Tu ne dois pas rentrer seule chez toi, Buffy. C’est trop risqué.
Buffy s’arrête. Cordelia ne comprend pas et la regarde.
BUFFY : (dos à lui) Je ne vous connais pas.
CORDELIA : (se retourne vers Giles) Elle a perdu la mémoire ? (se tourne vers Buffy) C’est Giles. Giiillles. (sourit) Il traîne toujours ici.
Buffy se tourne vers Cordelia.
BUFFY : Cordelia, est-ce que tu peux me raccompagner, s’il te plaît ?
CORDELIA : (surprise) Si tu veux.
Buffy se retourne et sort de la bibliothèque.
CORDELIA : (à Giles) Mais il me faudra un mot d’excuse. Si c’est pas trop vous demander.
Elle suit Buffy.
Plan de la salle à manger des Summers. Joyce paie ses factures. Elle entend un bruit provenir de l’extérieur et lève la tête. Elle se lève. Plan de l’extérieur. Joyce ouvre la porte et sort. Elle regarde du côté du porche.
JOYCE : Buffy ?
Elle voit une personne allongée sur le sol recouverte par le manteau de Buffy. Elle se baisse et touche le dos de la personne. Celle-ci se retourne. C’est Kralik. Joyce recule de peur.
KRALIK : (sourit horriblement) Maman.

ACTE 4
La cuisine dans la maison des Summers. Buffy ouvre la porte et entre. Le bouquet de fleurs envoyé par son père repose toujours sur la table. Elle le pousse à l’extrémité et le fait tomber dans la poubelle. Elle se rend dans la salle à manger et voit la porte d’entrée grande ouverte. Il y a un Polaroïd collé sur la porte. Elle marche à grand pas jusqu’à la photo, l’arrache et la regarde. C’est un Polaroïd de sa mère avec Kralik la tenant par le cou. Buffy retourne la photo et lit le mot ‘viens’ écrit dessus.
Plan de la chambre de Buffy. Elle a posé un sac sur son lit qu’elle remplit d’armes. Elle sort un couteau et plusieurs pieux de sa malle et les met dans son sac. Elle ouvre le premier tiroir de son bureau et prend un flacon d’eau bénite. Elle le place dans la poche de sa salopette. Elle ferme son sac et le met sur ses épaules. Il est très lourd, et Buffy est obligée de se pencher un peu sur le côté pour garder son équilibre.
Plan de la cave de la pension. Joyce est attachée à une chaise et bâillonnée.
KRALIK : Maman.
Elle regarde dans la direction de la voix et il prend un autre Polaroïd d’elle.
KRALIK : Puis-je vous appeler Maman ? (marche devant elle) Ma propre mère était était une personne sans respect pour elle même. Ni pour moi d’ailleurs.
Joyce détourne le regard et il prend une autre photo. Elle lutte contre ses liens mais ils sont trop serrés.
KRALIK : J’avais dix ans. Et vous n’imaginez pas ce qu’elle m’a fait avec une paire de ciseaux. (prend une autre photo) Maintenant, pour moi elle est morte. (en prend deux autres) Pas seulement parce que je l’ai tuée et dévorée, mais parce que je sais que je ne serai plus seul bien longtemps. (s’agenouille près de Joyce) J’aurai votre fille. Je ne vais pas la tuer. Je vais seulement la rendre comme moi. Différente. Elle ira dormir, et à son réveil, (se met devant elle) votre visage sera la première chose qu’elle dévorera.
Joyce est terrifiée.
KRALIK : J’ai toujours eu un problème avec les mères. (ricane)
Plan de la porte d’entrée de la pension. Elle s’ouvre lentement, et Buffy apparaît. Elle jette un oeil à l’intérieur de la demeure. Elle a son arbalète prête à tirer. Les pièces principales sont vides et calmes. Elle pénètre à l’intérieur. Elle prend un de ses pieux et le pose sur le sol pour empêcher la porte de se refermer derrière elle. Elle lève à nouveau l’arbalète et examine la pièce devant elle. Elle marche un peu et jette un oeil dans la salle de repos. Il y a un feu dans la cheminée. Elle entre dans la pièce et pose son sac sur le canapé. Elle continue d’explorer les lieux. La peur et la nervosité se reflètent sur son visage. Elle s’approche d’une porte et saisit la poignée. Elle la tourne et ouvre d’un geste rapide la porte, mais ne trouve devant elle qu’un mur de brique. Elle referme la porte.
Plan de l’extérieur. Une main apparaît et prend le pieu que Buffy avait posé sur le sol. La porte se ferme et émet un bruit très sourd. Plan de l’intérieur. Buffy se retourne en entendant le bruit. Plan de l’extérieur. La caméra monte de la main au visage de Blair.
Plan du bureau de Giles. Il est au téléphone, essayant de joindre Quentin. Le téléphone sonne mais personne ne répond. C’est alors que Quentin apparaît sur le seuil de la porte de Giles. Celui-ci le voit et raccroche le téléphone.
GILES : J’essayais de vous joindre.
QUENTIN : Ah. J’étais de garde devant l’immeuble ce soir. (marche jusqu’au bout de la pièce)
GILES : Alors vous savez ce qui est arrivé.
QUENTIN : Oui.
GILES : (en colère) Il a tué Hobson et fait de Blair l’un des siens. Votre test parfaitement contrôlé est ce soir, semble-t-il, imprévisible et hors de tout contrôle. Qu’en dites vous ?
Quentin se retourne et lui lance un long regard, puis marche devant Giles pour se diriger jusqu’à la théière.
QUENTIN : Ca ne change rien. (lève le couvercle de la théière)
GILES : Je ne suis pas de votre avis. (s’adosse à son bureau) J’ai tout dit à Buffy.
QUENTIN : (regarde Giles) Vous avez eu tort. C’est une opposition directe aux ordres du Conseil. (remet le couvercle de la théière)
GILES : Oui. (croise les bras) Chose intéressante, je me fiche totalement des ordres du Conseil. Il n’y aura pas de test.
QUENTIN : (verse une tasse de thé) Le test a déjà commencé. Votre Tueuse est sur le terrain de jeu depuis dix bonnes minutes.
GILES : (se lève, surpris) Pourquoi ?
QUENTIN : Je n’en sais rien. Je suis parti au moment où elle entrait.
Giles prend ses clés posées sur son bureau et commence à sortir du bureau. Quentin essaie de l’arrêter.
QUENTIN : Giles, nous n’avons pas à intervenir...
Giles l’attrape par la veste et le repousse.
GILES : Ceci n’est pas un jeu !
Il se rue hors de la bibliothèque.
Plan de la salle de repos dans la pension. Buffy sort lentement de la pièce et retourne dans le couloir. Elle regarde tout autour d’elle et pénètre dans une autre pièce, puis se dirige vers la porte pour vérifier ce qu’était le bruit entendu plus tôt. Elle est fermée à clé. Buffy tire plusieurs fois dessus mais ne parvient pas à l’ouvrir. Blair apparaît derrière elle et grogne. Buffy se retourne et le vise avec l’arbalète. Elle tire mais la flèche passe à côté du visage du vampire. Blair attrape l’arbalète, lui arrache des mains et la jette par terre. Il saisit ensuite Buffy à la gorge et commence à l’étrangler. Buffy attrape la main de Blair et marche puissamment sur le pied du vampire. Blair la lâche. Elle le repousse et court dans la salle de repos. Elle ouvre son sac et essaie de prend une arme mais Blair se précipite sur elle. Buffy recule et se place au bout de la pièce près d’une bibliothèque. Blair la suit mais Buffy pousse la bibliothèque sur lui. Il s’effondre par terre et tente de se dégager mais ne parvient pas à soulever le meuble qui le plaque au sol. Buffy passe par dessus la bibliothèque et se rue sur son sac, l’ouvre et tente de prendre une arme. Blair tend le bras et attrape la cheville de Buffy. Elle hurle et regarde tout autour d’elle pour trouver une arme. Elle voit le tisonnier près de la cheminée, le prend et commence à frapper le bras de Blair. Il la lâche enfin. Buffy prend alors son sac et se rue hors de la pièce. Elle s’arrête dans le couloir et examine les lieux. Kralik l’observe et la provoque.
KRALIK : Je te vois...
Elle regarde tout autour d’elle.
KRALIK : Cherche moi !
Le couloir, les escaliers et la pièce voisine sont vides. Elle voit alors la caisse de Kralik. Elle s’en approche et la caisse s’ouvre tout à coup. Kralik surgit et attrape Buffy à la gorge. Buffy est effrayée mais ne lutte pas.
KRALIK : Pourquoi venir te perdre dans la sombre forêt ?
Il lui arrache le sac des mains et regarde ce qu’il y a à l’intérieur. Il y voit plusieurs pieux et quelques couteaux.
KRALIK : Tu apportes ces délicieuses gâteries à mère-grand ?
Il laisse tomber le sac et se rapproche de Buffy. Celle-ci le surprend en levant une croix. Il recule un peu de peur. Elle tient la croix devant lui, tremblant de peur. Kralik la regarde pendant un moment, sourire aux lèvres, puis soudainement, lui saisit le bras et le plaque, ainsi que la croix, sur sa poitrine. Il rit alors que la croix lui brûle la peau.
KRALIK : Ah, non. Juste un peu plus bas. (baisse la croix) A droite... (inhale) Oh, oui. Oui. Oh. Oooh ! C’était parfait.
Buffy lâche la croix et s’enfuit à toute allure. Kralik sourit et l’observe s’en aller. Elle entre dans la cuisine et ferme le loquet de la porte. Les reste de Hobson sont toujours là. Elle remarque le cadavre mais n’a pas le temps d’être écoeurée par cette vision car Kralik se met à taper contre la porte. Elle court vers le comptoir et fouille chaque tiroir à la recherche de quelque chose qu’elle puisse utiliser. Elle ne trouve rien. Elle lève alors les yeux vers la porte lorsque les martèlements s’arrêtent. Elle est morte de peur. Elle regarde tout autour d’elle mais ne trouve rien d’utile. Lentement, elle s’approche de la porte et l’ouvre d’un geste rapide. Elle ne voit aucun danger et donc s’engage dans le couloir. Elle regarde continuellement tout autour d’elle tandis qu’elle se dirige vers les escaliers. Quand elle atteint presque les marches, elle se met à courir et commence à les monter rapidement. Kralik passe alors sa main entre les barreaux de la rambarde et la fait trébucher. Elle tombe violemment par terre et tape son front contre une marche. Il attrape sa jambe et essaie de lui faire dévaler les marches. Elle lutte pour s’échapper. Elle saisit un morceau cassé de la rambarde et le plante dans le bras de Kralik. Il la lâche et décide de grimper les escaliers. Buffy se met debout, monte jusqu’en haut des marches et se rue dans le couloir. Au détour du couloir, elle s’arrête et regarde tout autour d’elle. Le couloir est désert et donc Buffy se précipite sur la première porte. Elle est fermée à clé. Elle essaie d’ouvrir la seconde, réussit et entre dans la pièce, refermant la porte derrière elle. Le lieu est plongé dans le noir. Buffy cherche l’interrupteur et trouve une ficelle qui tombe du plafond. Elle tire dessus et la lumière s’allume. Elle regarde, choquée, les murs autour d’elle. Ils sont recouverts des Polaroïds de sa mère. Elle en prend un et le regarde. C’est à ce moment qu’elle entend Kralik frapper contre la porte. Il met un poing à travers et recherche la poignée. Buffy court vers une autre porte, l’ouvre et s’enfuit dans le couloir. Alors qu’elle en atteint le bout, Kralik surgit devant elle.
KRALIK : Si tu t’écartes du bon chemin, tu risques de te perdre.
Il tend le bras et pose sa main sur la joue de Buffy. Elle essaie de le repousser mais il est trop fort et se penche alors vers le cou de la Tueuse.
KRALIK : (de manière rassurante) Je ne boirai pas tout. Je te jure.
Elle lutte pour le garder à distance. Tout à coup, Kralik est pris d’une nouvelle attaque. Il pose ses mains sur sa tête et hurle. Buffy essaie de s’enfuir en passant à côté de lui mais il la repousse contre le mur, l’étourdissant. Il sort son flacon rempli de pilules et lutte pour l’ouvrir. Buffy retrouve toutes ses facultés et lui arrache le flacon des mains. Elle se met alors à courir dans le couloir.
KRALIK : Non ! Non !
Il a du mal à la suivre tellement sa tête lui fait mal. Buffy atteint le bout du couloir et plonge dans le trou fait dans le mur pour jeter le linge. Kralik, arrivé devant le mur, jette un oeil dans le trou et l’entend glisser le long du ‘toboggan’. Il ne la suit pas. Il reprend sa marche dans le couloir.
Plan de la cave. Buffy glisse et atterrit sur une table. Elle se brise sous son poids. Buffy tombe par terre. Sa mère se trouve devant elle, attachée à la chaise et bâillonnée, et voit sa fille tomber.
JOYCE : Buffy ?
Buffy se lève et se précipite sur sa mère. Elle essaie de la libérer de ses liens mais n’y arrive pas.
JOYCE : Buffy, il faut qu’on sorte d’ici...
Elles entendent des martèlements sur la porte de la cave. Buffy arrête de lutter contre les liens. Kralik défonce la porte et descend les escaliers, demandant ses pilules.
KRALIK : Mes cachets ! Donne les moi !
Il court dans la pièce et Buffy tente de l’éviter et de monter les escaliers mais Kralik l’attrape et la pousse contre un mur. Il voit son flacon de pilules dans les mains de la Tueuse et les lui arrache. Il lutte avec le bouchon tandis qu’il se dirige vers un verre d’eau posé près d’une étagère. Il arrache le bouchon, prend plusieurs pilules et les avale. Il prend une gorgée d’eau. Il essaie alors de reprendre sa respiration, de se calmer, sachant que les médicaments vont faire effet. Il sourit méchamment à Buffy et commence à s'approcher d'elle. Buffy le regarde simplement, sans rien faire.
KRALIK : Tu, tu ne, tu ne sembles pas comprendre ton rôle dans tout ceci. Tu n’as aucune idée de...
Il réalise tout à coup que quelque chose ne va pas et s’arrête de marcher.
KRALIK : J’ai mal ! (baisse les yeux sur le verre qu’il a dans les mains) Qu’est-ce que tu as...
Il commence à trembler et regarde Buffy.
KRALIK : Mes cachets !
Elle sort le flacon d’eau bénite, qui est à présent vide, de la poche de sa salopette et le lève pour qu’il le voit. Il lâche le verre et commence à trembler de plus en plus, hurlant de douleur.
KRALIK : Non. Non. Non...
De la fumée commence à apparaître tout autour de lui. Buffy le regarde avec calme.
BUFFY : Désolée. Si j’avais eu tous mes pouvoirs, ça aurait été moins dur pour toi de mourir.
KRALIK : Non ! Non !
Il hurle une dernière fois puis se désintègre. Buffy ferme les yeux et laisse échapper un soupir de soulagement. Elle remet le flacon dans sa poche et se dépêche de rejoindre sa mère. Elle lui retire le bâillon et tente à nouveau de la libérer de ses liens.
JOYCE : (respire fortement) Dieu merci, tu es saine et sauve. Oh, ce monstre...
BUFFY : Je ne peux pas les défaire. C’est trop serré.
JOYCE : Mais si tu pourrais...
Elle fait un geste suggérant à Buffy de déchirer simplement les cordes.
BUFFY : Non. Attends. (regarde autour d’elle) Il y a bien une paire de ciseaux par ici.
Elle se lève et examine la pièce à la recherche de quelque chose d’utile quand tout à coup Blair plonge sur elle. Giles surgit derrière le vampire.
JOYCE : Buffy !
Blair attrape Giles et le projette contre une armoire. Blair lui met un coup de poing au visage et dans le ventre. Giles se penche en avant de douleur, tout en levant le bras et en plantant un pieu dans le coeur du vampire qui se désintègre. Giles se redresse lentement. Lui et Buffy se regardent pendant un long moment.
QUENTIN : Félicitations, vous avez réussi le test.
Plan de la bibliothèque. Buffy est assise devant la table. Quentin se tient à son extrémité alors qu’il parle. Giles est adossé au mur près de la porte de son bureau.
QUENTIN : Vous avez montré un courage extraordinaire et une intelligence hors du commun dans ce combat. Le Conseil est très satisfait.
BUFFY : (sans expression) J’aurai la croix de guerre ?
QUENTIN : Je comprends que votre amertume...
BUFFY : (contrôle sa colère) Vous ne comprenez rien du tout. Vous avez lâché ce monstre et il est venu s’en prendre à ma mère.
QUENTIN : Vous pensez que ce test était injuste ?
BUFFY : Je pense que vous feriez bien de quitter la ville avant que mes forces ne reviennent.
QUENTIN : Ce n’est pas une question de justice, Mlle Summers. Nous sommes en guerre.
GILES : Vous dirigez une guerre. Elle, elle se bat. Là est la différence.
QUENTIN : Mr. Giles, je vous en prie...
GILES : Le test est terminé. Nous avons terminé.
QUENTIN : Pas encore. Elle a bien réussi. Vous non. (se tourne vers lui) La Tueuse n’est pas la seule à être jugée lors de cette épreuve. J’ai recommandé au Conseil, et il en a été d’accord, que vous soyez relevé de vos fonctions d’Observateur sur le champs. Vous êtes viré.
GILES : (surpris) Et pour quelle raison ?
QUENTIN : Votre affection pour la Tueuse vous a rendu incapable d’avoir un jugement clair et impartial. (Buffy regarde Giles) Vous avez l’amour d’un père pour cette enfant, et c’est inutile à notre cause. (Giles baisse le regard) Il vaudrait mieux que vous n’ayez plus de contact avec elle.
Buffy baisse les yeux et réfléchit à tout ce que vient de dire Quentin.
GILES : (avec hostilité) Il est hors de question que je m’en aille.
QUENTIN : Oh, je savais que vous répondriez ce genre de chose. Si vous interférez avec le nouvel Observateur, ou contre son autorité d’une façon ou d’une autre, nous vous le ferons regretter. Suis-je assez clair ?
GILES : Oh, très clair.
QUENTIN : (à Buffy) Je vous félicite encore une fois.
Elle lève les yeux sur lui avec un regard rempli de haine.
BUFFY : (haineuse) Pas moi !
QUENTIN : (ricane) Oui, vous avez... beaucoup de caractère.
Il se retourne et sort de la bibliothèque. Giles remet ses lunettes. Il tourne la tête vers Buffy. Elle a le regard fixe, renifle et met sa main sur son front. Elle renifle encore, tend le bras vers le chiffon qui repose près d’un bol d’eau sur la table et le prend. Giles s’approche d’elle et pose sa main sur le chiffon. Elle le laisse le prendre. Il le plonge dans l’eau et s’accroupit devant Buffy. Il tend le bras et pose gentiment le chiffon mouillé sur la blessure que Buffy a sur son front. Elle grimace de douleur mais ne bouge pas. Puis, elle lève les yeux, regarde son Observateur tristement et baisse son regard. Giles continue de nettoyer sa blessure.
Plan de la maison des Summers. Plan de la cuisine. Toute l’équipe est venue rendre visite à Buffy. Alex et Buffy préparent des sandwiches. Willow pose une cruche remplie de jus de fruit sur la table.
WILLOW : J’arrive pas à croire que Giles soit viré. Comment Giles peut-il être viré ?
OZ : Alors, comment t’as fait pour tuer Kralik ?
JOYCE : (sourit) Oh, elle a été très rusée.
Buffy lève les sourcils en la regardant.
JOYCE : Uh, vas-y, toi, raconte. Si, si, tu racontes mieux.
Buffy soupire.
WILLOW : Non, quand tu dis 'viré', c’est vraiment 'viré' ?
ALEX : Viré c’est viré. Allez, on change de conversation. Tu nous soûles.
WILLOW : Bah, c’est que... s’il a été viré, il, il est au chômage ! Il est... demandeur d’emploi.
BUFFY : Giles restera bibliothécaire. Il ne s’en ira pas.
WILLOW : Mais j’écrirai une lettre de protestation.
BUFFY : En fait, rien ne changera. L’important c’est d’avoir respecter ma maléfique tradition d’anniversaire de sanglantes misères et horreur.
OZ : Il y a un bon côté à tout.
Buffy prend un nouveau pot de beurre de cacahuète et essaie de l’ouvrir.
BUFFY : (soupire) Je me sentirai mieux quand j’aurai retrouvé mes forces.
ALEX : Voulez vous de l’aide, jeune fille ? Donne ça.
Il se lève et tend la main pour qu’elle lui donne le pot. Buffy s’exécute.
BUFFY : Ouais, merci. Ca a l’air de te faire plaisir.
ALEX : Admets le. (essaie de l’ouvrir) Parfois ça sert un homme balèze. (sourit)
Il lutte avec le couvercle du pot pendant un moment et se met à rire pathétiquement.
ALEX : Euh, Willow, tu me donnes un coup de main ?